Points clés à retenir
- 1.Depuis septembre 2023, travailler en cumul emploi-retraite permet d’acquérir de nouveaux droits à pension
- 2.La seconde retraite est plafonnée à 5 % du PASS, soit environ 2 320 € brut par an en 2026
- 3.Seul le cumul intégral (libre) ouvre ces droits : âge légal + taux plein + toutes pensions liquidées
- 4.En 2027, seuls les retraités de plus de 67 ans pourront acquérir de nouveaux droits
- 5.Les cotisations versées en cumul plafonné ne génèrent aucun droit supplémentaire
C'est quoi les « nouveaux droits » en cumul emploi-retraite ?
Avant la réforme de 2023, un retraité qui reprenait une activité cotisait à fonds perdus. Les cotisations retraite étaient prélevées sur son salaire, mais elles ne généraient aucun droit supplémentaire. Zéro. Le système prenait l'argent sans rien donner en retour.
La loi du 14 avril 2023 a changé la donne. Depuis le 1er septembre 2023, les retraités en cumul emploi-retraite intégral (dit « cumul libre ») acquièrent de nouveaux droits à pension. Concrètement, leurs cotisations ouvrent droit à une seconde retraite. Une vraie pension supplémentaire, versée quand ils cessent définitivement leur activité.
C'est un changement majeur. Pour la première fois, retravailler après la retraite a un intérêt financier au-delà du seul salaire. Source officielle : service-public.gouv.fr. On vous explique comment ça fonctionne, qui est concerné, et ce que ça représente concrètement.
Les conditions pour acquérir de nouveaux droits
Tout le monde ne peut pas en bénéficier. Les nouveaux droits sont réservés au cumul emploi-retraite intégral. Si vous êtes en cumul plafonné, vos cotisations restent sans contrepartie. Quatre conditions doivent être réunies.
| Condition | Détail |
|---|---|
| Âge légal atteint | Entre 62 et 64 ans selon votre génération (gelé à 62 ans 9 mois jusqu’à fin 2027) |
| Taux plein obtenu | Durée d’assurance requise validée, ou départ à 67 ans (taux plein automatique) |
| Toutes pensions liquidées | Base + complémentaire, tous régimes confondus, en France et à l’étranger |
| Retraite liquidée après le 1er sept. 2023 | Les pensions liquidées avant cette date n’ouvrent pas de nouveaux droits |
Le point crucial, c'est la date de liquidation. Si vous avez pris votre retraite avant le 1er septembre 2023, vous n'avez pas accès aux nouveaux droits. Même en cumul libre, même si vous remplissez toutes les autres conditions. La loi n'est pas rétroactive sur ce point.
Âge légal et taux plein : rappel rapide
L'âge légal de départvarie de 62 à 64 ans selon votre année de naissance. Avec la suspension de la LFSS 2026, il est gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations 1963 à mars 1965 jusqu'à fin 2027.
Le taux plein s'obtient soit en validant le nombre de trimestres requis (entre 167 et 172 selon votre génération), soit automatiquement à 67 ans. Si vous n'avez pas le taux plein, vous basculez en cumul plafonné et vous ne générez pas de nouveaux droits. Consultez notre guide cumul emploi-retraite 2026pour les détails sur le plafonnement.
Comment est calculée la seconde retraite ?
La seconde pension est calculée à partir des cotisations versées pendant votre période de cumul emploi-retraite. Elle vient s'ajouter à votre première retraite, sans la modifier. Votre pension initiale reste inchangée.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Base de calcul | Revenus soumis à cotisation pendant la période de cumul |
| Plafond annuel | 5 % du PASS, soit 2 320 € brut par an en 2026 |
| Plafond mensuel | Environ 193 € brut par mois maximum |
| Régimes concernés | Régime général (CNAV) + AGIRC-ARRCO (points) |
| Versement | À la cessation définitive de l’activité en cumul |
Le plafond de 5 % du PASS
C'est le point qui déçoit beaucoup de retraités. La seconde retraite est plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, le PASS est fixé à 46 368 €. Le plafond de la seconde pension est donc de 2 318,40 € brut par an, soit environ 193 € par mois.
Autrement dit, même si vous retravaillez 10 ans en cumul libre avec un bon salaire, votre seconde retraite ne dépassera pas ce plafond annuel. C'est un complément, pas une seconde carrière de cotisation.
Formule de calcul (régime général)
La CNAV calcule la seconde pension selon la formule classique :
Seconde pension = Salaire annuel moyen × Taux (50 %) × Trimestres validés / Durée de référence
Le résultat est ensuite comparé au plafond de 5 % du PASS. Si la pension calculée dépasse le plafond, elle est écrêtée. Concrètement, pour la grande majorité des retraités en cumul, la seconde pension tournera autour de 100 à 193 € par moisselon la durée et le niveau de revenus.
Quand est-elle versée ?
La seconde retraite n'est pas versée immédiatement. Vous devez d'abord cesser définitivement votre activitéen cumul, puis en faire la demande auprès de votre caisse. La liquidation de la seconde pension intervient à ce moment-là. Pas avant.
AGIRC-ARRCO et retraite complémentaire
La question revient souvent : les cotisations complémentaires en cumul emploi-retraite ouvrent-elles aussi de nouveaux droits ? La réponse est oui, mais avec des règles spécifiques.
Depuis le 1er janvier 2025, les cotisations AGIRC-ARRCO versées en cumul libre génèrent des points de retraite complémentaire. Ces points viennent s'ajouter à ceux déjà accumulés. Ils alimentent la seconde pension complémentaire.
Pour les fonctionnaires, le schéma est différent. La CNRACL et le SRE appliquent leurs propres règles. Les nouveaux droits existent aussi dans la fonction publique, mais les modalités de calcul varient. Consultez notre guide dédié pour les détails.
Ce qui change en 2027
La LFSS 2026 a introduit des modifications importantes qui entreront en vigueur au 1er janvier 2027. Le cumul emploi-retraite va devenir moins avantageux pour une partie des retraités. Voici ce qui change.
| Critère | Avant 2027 | À partir de 2027 |
|---|---|---|
| Nouveaux droits à pension | Oui, dès le cumul libre (tout âge) | Uniquement à partir de 67 ans |
| Cumul entre âge légal et 67 ans | Cumul libre sans limite de revenus | Écrêtement de 50 % au-delà du plafond |
| Plafond de la seconde retraite | 5 % du PASS (2 320 €/an) | Suppression du plafond pour les 67 ans+ |
| Cotisations en cumul plafonné | Sans contrepartie | Sans contrepartie (inchangé) |
Les nouveaux droits réservés aux plus de 67 ans
C'est le changement le plus significatif. À partir de 2027, seuls les retraités de 67 ans ou pluspourront acquérir de nouveaux droits à pension en cumul emploi-retraite. Entre l'âge légal et 67 ans, les cotisations redeviendront à fonds perdus.
La contrepartie ? Pour les plus de 67 ans, le plafond de 5 % du PASS est supprimé. Ils pourront accumuler davantage de droits, sans écrêtement. C'est un arbitrage : moins de personnes concernées, mais des droits plus généreux pour ceux qui y accèdent.
L'écrêtement de 50 % entre âge légal et 67 ans
Autre nouveauté 2027 : les retraités entre l'âge légal et 67 ans qui n'ont pas le taux plein verront leur pension écrêtée de 50 %au-delà du plafond de revenus. Aujourd'hui, en cas de dépassement, la pension est réduite du montant du dépassement (euro pour euro). Demain, seule la moitié du dépassement sera déduite.
Ce mécanisme est plus doux que le système actuel. Mais il ne compense pas la perte des nouveaux droits pour les moins de 67 ans. Pour un détail complet de l'écrêtement, voir notre article sur le cumul emploi-retraite 2026.
Cumul plafonné : pas de nouveaux droits
Soyons clairs : si vous êtes en cumul plafonné, vos cotisations ne génèrent aucun droit supplémentaire. Ni en 2026, ni après la réforme de 2027. Les cotisations sont prélevées sur votre salaire, mais elles ne servent à rien pour votre pension.
Vous êtes en cumul plafonné si vous ne remplissez pas les trois conditions du cumul libre. Le cas le plus fréquent : vous avez pris votre retraite sans avoir le taux plein (départ anticipé avec décote). Dans ce cas, vos revenus d'activité sont soumis à un plafond, et vos cotisations ne produisent rien.
C'est souvent une surprise désagréable pour les retraités qui reprennent une activité. Ils voient les cotisations sur leur fiche de paie et pensent qu'elles amélioreront leur pension. Ce n'est pas le cas. Pour éviter cette situation, vérifiez votre éligibilité au cumul libre avant de reprendre un emploi.
Les démarches pour faire valoir vos nouveaux droits
L'acquisition des nouveaux droits est automatique. Vous n'avez pas de formulaire spécifique à remplir pour que vos cotisations soient prises en compte. En revanche, plusieurs démarches restent obligatoires.
- Informez votre caisse de retraite. Dans le mois qui suit la reprise d'activité, vous devez notifier votre caisse (CNAV, Carsat, MSA) par courrier ou via votre espace en ligne. Modèle de lettre disponible dans notre guide dédié.
- Précisez votre situation. Indiquez le nom et l'adresse de votre employeur, la date de reprise, la nature de l'activité et vos revenus prévisionnels.
- Conservez vos bulletins de salaire. Ils serviront de base pour le calcul de votre seconde pension le jour où vous la demanderez.
- Cessez votre activité et faites la demande. Quand vous arrêtez définitivement de travailler, adressez une demande de liquidation de la seconde pension à votre caisse. Le formulaire sera disponible sur lassuranceretraite.fr.
Exemples concrets de calcul
Exemple 1 : salarié du privé en cumul libre
Jean, 63 ans, a liquidé sa retraite en janvier 2024 avec le taux plein (170 trimestres validés). Sa première pension s'élève à 1 450 € brut par mois. Il reprend un emploi salarié à mi-temps à 1 200 € brut par mois. En cumul libre, il cumule 1 450 + 1 200 = 2 650 € par mois sans plafond. Ses cotisations retraite sur les 1 200 € ouvrent de nouveaux droits. Après 3 ans d'activité, sa seconde pension sera d'environ 110 € brut par mois.
Exemple 2 : indépendante en cumul libre
Sophie, 67 ans, a liquidé toutes ses pensions en mars 2024. Elle crée une micro-entreprise de conseil avec un chiffre d'affaires annuel de 30 000 €. En cumul intégral (taux plein automatique à 67 ans), ses cotisations SSI ouvrent de nouveaux droits. Après 5 ans, sa seconde pension atteindra le plafond de 193 € brut par mois (5 % du PASS).
Exemple 3 : retraité en cumul plafonné (pas de nouveaux droits)
Marc, 62 ans, a pris sa retraite en 2024 sans le taux plein (décote de 10 trimestres). Sa pension de base est de 980 € par mois (proche du minimum retraite). Il reprend un emploi à 1 500 € brut. En cumul plafonné, ses revenus sont soumis au plafond. Mais surtout, ses cotisations ne génèrent aucun nouveau droit. Il cotise sans contrepartie.
Questions fréquentes
Quels sont les nouveaux droits du cumul emploi-retraite ?
Depuis le 1er septembre 2023, les retraités en cumul emploi-retraite intégral (libre) acquièrent de nouveaux droits à pension. Leurs cotisations ouvrent droit à une seconde retraite, versée quand ils cessent définitivement leur activité. La seconde pension est plafonnée à 5 % du PASS (environ 2 320 € par an en 2026).
Comment est calculée la deuxième retraite en cumul emploi-retraite ?
La seconde pension est calculée selon la formule classique du régime général : salaire annuel moyen × taux (50 %) × trimestres validés / durée de référence. Le résultat est plafonné à 5 % du PASS, soit environ 193 € brut par mois maximum en 2026.
Faut-il remplir un formulaire pour bénéficier des nouveaux droits ?
L’acquisition des nouveaux droits est automatique si vous êtes en cumul libre. Aucun formulaire spécifique n’est nécessaire. En revanche, vous devez déclarer votre reprise d’activité à votre caisse dans le mois suivant, puis demander la liquidation de la seconde pension quand vous cessez définitivement de travailler.
Les cotisations en cumul plafonné ouvrent-elles de nouveaux droits ?
Non. Seul le cumul emploi-retraite intégral (libre) permet d’acquérir de nouveaux droits. En cumul plafonné, les cotisations retraite sont prélevées mais ne génèrent aucun droit supplémentaire. C’est la situation la plus frustrante pour les retraités concernés.
Que change la réforme de 2027 pour les nouveaux droits ?
À partir du 1er janvier 2027, seuls les retraités de 67 ans ou plus pourront acquérir de nouveaux droits à pension. Entre l’âge légal et 67 ans, les cotisations redeviendront à fonds perdus. En contrepartie, le plafond de 5 % du PASS sera supprimé pour les plus de 67 ans.
La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO est-elle concernée par les nouveaux droits ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2025, les cotisations AGIRC-ARRCO versées en cumul libre génèrent des points de retraite complémentaire. Ces points alimentent la seconde pension complémentaire, en plus de la seconde pension de base versée par la CNAV.
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