Points clés à retenir
- 1.Depuis la réforme du 14 avril 2023, l'âge légal de retraite est fixé à 64 ans — mais partir à 62 ans reste possible via cinq dispositifs précis.
- 2.La carrière longue est le principal levier : commencer à travailler avant 20 ans avec 5 trimestres cotisés avant cet âge suffit pour y prétendre.
- 3.L'inaptitude au travail reconnue par le médecin-conseil ouvre le droit au taux plein dès 62 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
- 4.La pension se calcule sur 50 % du Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années — une décote permanente de 1,25 % par trimestre manquant s'applique si vous partez sans avoir les trimestres requis.
- 5.Déposez votre dossier au minimum 6 mois avant votre date de départ souhaitée, et vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr maintenant.
La réforme des retraites du 14 avril 2023 a relevé l'âge légal à 64 ans. Pourtant, partir à 62 ans reste une réalité pour une part significative des assurés français. Environ 30 % des départs en retraite continuent de se faire avant 64 ans grâce aux dispositifs maintenus et parfois élargis par le législateur.
Si vous avez commencé à travailler jeune, êtes reconnu inapte, ou avez été exposé à des facteurs de pénibilité, vous avez peut-être le droit de partir dès 62 ans — parfois avec une pension à taux plein. Ce guide détaille les cinq dispositifs en vigueur, le calcul du montant de votre pension, et les démarches concrètes pour 2026.
L'âge légal en 2026 : 64 ans, mais avec des exceptions qui comptent
La loi n° 2023-270 a officiellement porté l'âge d'ouverture des droits à la retraite de 62 à 64 ans, avec une montée en charge progressive de 3 mois par génération depuis 2023. Pour les personnes nées en 1968 et après, les 64 ans s'appliquent pleinement.
📖 Article L.161-17-2 du Code de la Sécurité sociale (modifié par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) : "L'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite est fixé à soixante-quatre ans."
Mais le même texte a préservé — et dans certains cas étendu — les dispositifs de départ anticipé. La retraite pour carrière longue est le principal. Des millions de Français y ont accès, dont un nombre important peut partir dès 62 ans.
Comprendre ces dispositifs, c'est comprendre que l'âge légal général ne s'applique pas à tout le monde.
Les 5 cas qui permettent de partir à 62 ans
Cas 1 : La retraite pour carrière longue (début avant 20 ou 21 ans)
C'est de loin le dispositif le plus utilisé. Depuis la réforme de 2023, la retraite anticipée pour carrière longue s'organise autour de quatre bornes d'âge de départ liées à l'âge de début d'activité :
| Début d'activité | Âge de départ anticipé |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Avant 18 ans | 60 ans |
| Avant 20 ans | 62 ans |
| Avant 21 ans | 63 ans |
Pour partir à 62 ans, la condition centrale est d'avoir commencé à cotiser avant votre 20e anniversaire avec au moins 5 trimestres cotisés avant la fin de l'année civile de vos 20 ans (4 trimestres si vous êtes né au quatrième trimestre). Un premier emploi à 19 ans suivi d'une cotisation régulière suffit dans la grande majorité des cas.
La borne "avant 21 ans" (départ à 63 ans) est une nouveauté de la réforme de 2023. Elle n'existait pas avant. Des assurés qui étaient auparavant exclus de tout dispositif anticipé en bénéficient désormais.
⚠️ Seuls les trimestres cotisés (travail effectif, cotisations volontaires) entrent dans le décompte pour remplir la condition de la carrière longue. Les trimestres assimilés (chômage indemnisé, maladie, maternité) ne sont pris en compte qu'à hauteur de 4 trimestres maximum. Ce plafonnement surprend beaucoup d'assurés en phase de liquidation — anticipez-le.
Cas 2 : L'inaptitude au travail et l'incapacité permanente
Un assuré reconnu inapte au travail peut partir à la retraite dès 62 ans avec le taux plein automatique, quel que soit son nombre de trimestres. C'est l'un des rares cas où la durée de cotisation n'entre pas en jeu pour le taux.
Deux voies existent :
L'inaptitude au travail : votre médecin traitant établit un certificat médical détaillé, votre caisse mande son médecin-conseil, qui rend un avis. L'inaptitude est reconnue si votre état de santé est incompatible avec la poursuite d'une activité professionnelle quelconque. La procédure dure en général entre 3 et 6 mois.
L'incapacité permanente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle : si votre taux d'incapacité est supérieur ou égal à 20 %, vous pouvez partir dès 60 ans. Si votre taux est entre 10 % et 20 % mais que vous avez exercé votre activité dans des conditions d'exposition reconnues, le départ à 62 ans est possible sous conditions.
⚠️ La reconnaissance d'inaptitude n'est jamais accordée automatiquement. La demande doit être explicite, préparée avec votre médecin traitant, et déposée auprès de votre caisse plusieurs mois avant le départ visé. Un taux plein garanti peut représenter 150 à 300 € de plus par mois à vie par rapport à une pension avec décote — ne négligez pas cette démarche si votre état de santé le justifie.
Cas 3 : Le travailleur handicapé
Les assurés disposant d'une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) ou d'un taux d'incapacité permanente supérieur ou égal à 50 % peuvent accéder à une retraite anticipée entre 55 et 59 ans selon leur durée de cotisation avec handicap. À 62 ans, les conditions d'éligibilité sont les plus souples du dispositif.
Le calcul prend en compte uniquement les périodes durant lesquelles vous étiez en possession de la reconnaissance. Il faut conserver ces justificatifs sur toute la durée de la carrière.
Cas 4 : Le Compte Professionnel de Prévention (C2P)
Le Compte Professionnel de Prévention permet aux salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels d'accumuler des points pour avancer leur départ à la retraite. La mécanique est simple : 10 points = 1 trimestre d'avancement, dans la limite de 8 trimestres (2 ans).
Les facteurs éligibles en 2026 :
- Travail de nuit (au moins 120 nuits par an)
- Travail en équipes successives alternantes
- Travail répétitif sous cadence contrainte
- Activité en milieu hyperbare (pression élevée)
Si votre âge légal est 64 ans et que vous cumulez 80 points C2P (8 trimestres), vous pouvez partir à 62 ans, à condition d'avoir par ailleurs atteint la durée de cotisation requise pour le taux plein.
⚠️ Les facteurs physiques lourds (port de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques) ont été retirés du C2P depuis 2018 et basculés vers des fonds de branche. Si vous pensiez bénéficier du C2P pour ces facteurs, renseignez-vous auprès de votre branche professionnelle : les conditions d'indemnisation y sont souvent différentes.
Cas 5 : Les régimes spéciaux et catégories actives de la fonction publique
Certaines professions conservent des règles propres, négociées lors de la réforme ou maintenues par des textes spécifiques :
- Fonctionnaires en catégorie active (pompiers, policiers, surveillants pénitentiaires, agents en contact avec des malades) : départ possible dès 57 ans avec 17 ans de services actifs, ce qui positionne souvent l'accès au taux plein autour de 62 ans
- Marins (ENIM), ouvriers d'État (FSPOEIE), régimes des mines : règles spécifiques maintenues par décret
- Militaires : régime propre selon le grade et la durée de service, hors périmètre du régime général
Si vous relevez d'un de ces régimes, les caisses correspondantes sont les seules sources fiables sur vos conditions exactes.
Durée de cotisation : combien de trimestres en 2026 ?
Pour bénéficier du taux plein dans le cadre d'un départ anticipé via la carrière longue, vous devez atteindre la durée requise pour votre génération. Il n'existe pas de "réduction" de durée parce que vous partez via un dispositif anticipé.
| Année de naissance | Trimestres requis pour le taux plein | Âge légal (2026) |
|---|---|---|
| Avant 1958 | 166 à 167 trimestres | 62 à 63 ans |
| 1960 | 169 trimestres | 63 ans 6 mois |
| 1962 | 170 trimestres | 63 ans 9 mois |
| 1964 | 172 trimestres | 64 ans |
| 1965 et après | 172 trimestres | 64 ans |
Pour un départ à 62 ans via la carrière longue, vous devez donc avoir déjà validé ces trimestres à la date de votre départ. La différence avec un départ ordinaire : vous partez 2 ans avant l'âge légal, pas avec moins de trimestres.
Vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr dès maintenant. Les erreurs de transcription existent, notamment pour les premiers emplois (apprentissage, stages rémunérés, emplois saisonniers). Une rectification peut prendre de 3 à 12 mois.
Quel montant de retraite à 62 ans ? Le calcul pas à pas
La formule de calcul de la pension de base
La pension du régime général repose sur une formule à trois variables :
Pension annuelle = SAM × Taux × (Durée assurée ÷ Durée requise)
- SAM : Salaire Annuel Moyen calculé sur les 25 meilleures années de revenus, plafonné au plafond de la Sécurité sociale (46 368 € annuels en 2026)
- Taux : 50 % si vous avez le taux plein, réduit en cas de décote
- Durée assurée : nombre de trimestres validés à la date de départ
- Durée requise : nombre de trimestres exigés pour votre génération
Exemple : une personne née en 1964, partant à 62 ans via carrière longue, avec 172 trimestres et un SAM de 30 000 €. Sa pension brute mensuelle sera de : 30 000 × 50 % × (172/172) = 15 000 € / 12 = 1 250 € bruts par mois.
Pour une carrière au SMIC sur 40 ans, le minimum contributif prend le relais et garantit un plancher de pension.
La décote : une réduction permanente à éviter absolument
Si vous partez avant d'avoir atteint la durée requise et avant 67 ans, une décote s'applique :
1,25 % de réduction par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (25 % maximum).
C'est une réduction définitive. Elle ne disparaît pas après quelques années. Partir avec 10 trimestres manquants, c'est accepter une pension réduite de 12,5 % jusqu'à la fin de votre vie.
Illustration : sur une pension théorique de 1 200 € bruts, une décote de 12,5 % représente 150 € de moins par mois. Sur 20 ans de retraite, c'est 36 000 € perdus.
⚠️ La décote s'annule automatiquement à 67 ans, quel que soit votre nombre de trimestres. Mais reporter son départ de 62 à 67 ans représente 5 années de pension non perçue. Le calcul financier dépend de votre espérance de vie et de vos besoins : faites simuler les deux scenarios avant de décider.
Le minimum contributif en 2026
Pour les assurés ayant une carrière longue mais peu rémunérée, le minimum contributif garantit un plancher de pension :
| Situation | Montant mensuel brut (2026) |
|---|---|
| Minimum contributif de base (sans taux plein) | 711,89 € |
| Minimum contributif majoré (carrière complète, taux plein) | 883,52 € |
Ces montants sont revalorisés chaque année, généralement au 1er janvier en fonction de l'inflation. Le minimum s'applique automatiquement lors de la liquidation si votre pension calculée est inférieure à ce seuil.
Pour y avoir droit, vous devez partir au taux plein. La condition d'une carrière complète (durée requise atteinte) est nécessaire pour le minimum majoré.
Ce qui est possible versus ce qui est exclu à 62 ans
| ✅ Possible à 62 ans | ❌ Non possible à 62 ans |
|---|---|
| Carrière longue avec début avant 20 ans et trimestres complets | Départ ordinaire sans condition particulière |
| Inaptitude au travail reconnue par le médecin-conseil | Retraite par convenance personnelle avant 64 ans |
| Incapacité permanente ≥ 50 % (AT/MP) | Obtenir le taux plein sans trimestres requis (hors inaptitude) |
| Travailleur handicapé avec RQTH ou taux ≥ 50 % | Racheter des trimestres pour atteindre une borne d'âge que vous ne remplissez pas |
| 80 points C2P + durée de cotisation complète | Forcer le départ d'un salarié à 62 ans sans son accord |
| Catégories actives de la fonction publique | Décaler l'âge légal sans justificatif reconnu |
| Pension de réversion dès 55 ans (sous conditions) | Bénéficier rétroactivement de trimestres non déclarés en temps réel |
Démarches pratiques : le pas à pas pour 2026
Étape 1 : Vérifiez votre éligibilité en amont
Commencez par consulter votre relevé de carrière complet sur info-retraite.fr. Ce portail centralise les données de tous vos régimes et vous donne une vue exhaustive de vos trimestres validés.
Identifiez précisément :
- Le nombre total de trimestres validés et cotisés
- Le nombre de trimestres cotisés avant vos 20 ans
- Les éventuels trimestres manquants ou mal imputés
Si vous repérez des anomalies, contactez votre caisse immédiatement. Une rectification liée aux premières années de carrière peut prendre jusqu'à un an.
Étape 2 : Obtenez une estimation personnalisée
Le simulateur M@rel sur info-retraite.fr vous permet d'obtenir une estimation de pension selon plusieurs scénarios de départ (62 ans, 63 ans, 64 ans, 67 ans). Simulez toutes les options. L'écart entre un départ à 62 ans et un départ à 64 ans est souvent significatif — en positif comme en négatif selon votre situation.
⚠️ Les simulateurs en ligne fournissent des estimations, pas des calculs définitifs. Seule votre caisse effectue la liquidation exacte. Des arrondis, des périodes spécifiques ou des règlements particuliers peuvent faire varier le montant réel.
Étape 3 : Déposez votre demande au bon moment
La demande de départ à la retraite doit être déposée au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée. Pour certains régimes (MSA, ENIM, FSPOEIE), comptez jusqu'à 6 mois.
Trois canaux sont disponibles :
- En ligne via info-retraite.fr (démarche unifiée si vous relevez de plusieurs régimes)
- Auprès de votre caisse principale (CNAV pour le régime général, MSA pour les agriculteurs, SSI pour les indépendants)
- Par courrier recommandé ou en rendez-vous pour les dossiers complexes (inaptitude, handicap)
Étape 4 : Rassemblez les justificatifs spécifiques
La liste varie selon votre dispositif :
- Carrière longue : bulletins de salaire des premières années, contrat d'apprentissage, justificatifs d'emploi à l'étranger éventuellement
- Inaptitude : certificat médical détaillé de votre médecin traitant, comptes rendus d'examens récents, éventuellement décision d'invalidité
- Travailleur handicapé : notification RQTH en cours de validité, attestations MDPH, relevé de périodes avec handicap reconnu
- C2P : relevé de compte C2P disponible sur net-entreprises.fr, attestations d'employeur pour les périodes d'exposition
Étape 5 : Organisez la transition avec votre employeur
Prévenez votre employeur selon les délais prévus par votre convention collective — généralement 2 à 3 mois. Vérifiez si un dispositif de retraite progressive vous permettrait de réduire votre temps de travail dans les mois précédant le départ, tout en continuant à accumuler des trimestres.
3 exemples concrets avec verdict
Profil 1 : Nathalie, née en 1964, infirmière hospitalière
Nathalie a commencé à travailler à 18 ans. Elle a cotisé 8 trimestres avant ses 20 ans et dispose aujourd'hui de 172 trimestres à 62 ans. Elle souhaite partir en 2026.
Verdict : Éligible à 62 ans via carrière longue. Elle remplit la borne "avant 20 ans", justifie bien les 5 trimestres requis, et a atteint la durée pleine. Sa pension est calculée au taux plein, sans décote.
Profil 2 : Thierry, né en 1966, technicien en usine
Thierry a commencé à 22 ans après un BTS. Il a accumulé 40 points C2P grâce au travail en équipes alternantes. Il a 156 trimestres à 62 ans, mais ne remplit pas la condition de début d'activité pour la carrière longue.
Verdict : Non éligible à 62 ans. Il ne remplit pas la borne "avant 21 ans" pour la carrière longue. Ses 40 points C2P lui donnent 4 trimestres d'avancement, donc un départ à 63 ans. Pour 62 ans, il lui faudrait 80 points C2P et la durée de cotisation complète. Son départ à 63 ans est réaliste.
Profil 3 : Brigitte, née en 1963, secrétaire
Brigitte souffre d'une pathologie chronique invalidante. Son médecin traitant dépose une demande d'inaptitude auprès de la CARSAT. L'avis favorable du médecin-conseil est rendu. Elle a 148 trimestres à 62 ans.
Verdict : Éligible à 62 ans au taux plein via inaptitude. La reconnaissance d'inaptitude lui ouvre le taux plein automatiquement. Sa pension sera calculée à 50 % de son SAM, avec un prorata de 148/169 trimestres. Le taux s'applique mais pas la "durée pleine" : la pension est proportionnée à sa durée d'assurance réelle.
Que faire si vous n'êtes pas encore éligible à 62 ans ?
Rachat de trimestres : jusqu'à 12 trimestres peuvent être rachetés pour des années d'études supérieures ou des années incomplètes. Le coût varie selon votre âge et votre revenu. À 50 ans, un trimestre coûte entre 1 500 et 5 000 €. Faites le calcul de rentabilité sur votre espérance de vie avant de vous décider.
La surcote : si vous continuez à travailler après avoir atteint la durée requise et l'âge légal, chaque trimestre supplémentaire majoré de 1,25 % s'ajoute à votre pension. Huit trimestres de travail au-delà de la durée pleine augmentent la pension de 10 %. Cette surcote est acquise définitivement.
La retraite progressive : dès 60 ans, sous conditions, vous pouvez réduire votre temps de travail et percevoir une fraction de votre pension calculée provisoirement. C'est une transition douce, et les trimestres continuent de s'accumuler pendant cette période. Le dispositif est souvent sous-estimé.
Assurez la conformité de votre relevé de carrière : des trimestres manquants pour des emplois anciens, des périodes à l'étranger non déclarées, ou des rattrapages de congés parentaux existent. Une rectification demandée maintenant sera traitée avant la liquidation. Passée la date de départ, récupérer des trimestres est beaucoup plus complexe.
⚠️ Ne prenez aucune décision de départ sans simulation complète multi-scénarios. Un départ à 62 ans avec 10 trimestres manquants peut coûter 12,5 % de pension à vie. Sur 25 ans de retraite, cela représente plusieurs dizaines de milliers d'euros perdus. Le gain de 2 ans de liberté mérite ce calcul.
Ce que la réforme de 2023 a vraiment changé pour les départs à 62 ans
La réforme a eu deux effets opposés sur les départs à 62 ans.
D'un côté, elle a exclu une partie des actifs nés après 1961 qui partaient à 62 ans via l'ancien âge légal sans condition particulière. Cet accès "ordinaire" à 62 ans disparaît progressivement.
De l'autre, elle a créé la borne "avant 21 ans" pour la carrière longue, qui n'existait pas avant. Des assurés ayant commencé à 20 ans et demi, auparavant sans dispositif anticipé, peuvent désormais partir à 63 ans. Et ceux qui avaient commencé à 19 ou 20 ans restent éligibles à 62 ans.
Le solde est une réduction du volume de départs à 62 ans, mais les dispositifs existants sont robustes pour les éligibles. La carrière longue reste le principal vecteur de départ anticipé en France avec plus d'un million de bénéficiaires par an.
Pour préparer votre départ à 62 ans sans mauvaise surprise
La date de votre départ se prépare des années en avance, pas à la dernière minute. Consultez votre relevé de carrière dès maintenant sur info-retraite.fr, simulez votre pension avec M@rel, et contactez votre caisse si des trimestres semblent manquants.
Si vous pensez remplir les conditions d'inaptitude, engagez la procédure médicale avec votre médecin traitant au moins 6 mois avant le départ souhaité. Et si vous approchez les 80 points C2P, vérifiez auprès de votre employeur que les points ont bien été déclarés.
Deux ans gagnés sur votre retraite, c'est concret. Mais ces deux ans ont un prix si vous ne remplissez pas exactement les conditions. Vérifiez votre éligibilité avant de prendre vos dispositions professionnelles.
Sources officielles : Service-public.fr — Retraite anticipée pour carrière longue · Legifrance — Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 · Assurance Retraite — Conditions du minimum contributif
Questions fréquentes
Peut-on encore partir à la retraite à 62 ans en 2026 ?
Oui, mais uniquement sous conditions spécifiques : carrière longue (début avant 20 ou 21 ans avec trimestres complets), inaptitude au travail reconnue, incapacité permanente ≥ 50 %, statut de travailleur handicapé, points C2P suffisants, ou appartenance à une catégorie active de la fonction publique. L'âge légal général est désormais 64 ans.
Combien de trimestres faut-il pour partir à 62 ans via la carrière longue ?
Il faut atteindre la durée requise pour le taux plein de votre génération, soit 172 trimestres pour les personnes nées à partir de 1965. Il faut en outre justifier d'au moins 5 trimestres cotisés avant la fin de l'année civile de vos 20 ans (4 si vous êtes né au 4e trimestre).
Quel est le montant moyen d'une retraite à 62 ans en 2026 ?
La pension de base est calculée sur 50 % du Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années, plafonné à 46 368 € en 2026. Le minimum contributif majoré s'élève à environ 883 € bruts par mois pour une carrière complète. Le montant réel dépend de votre salaire moyen et de votre durée d'assurance.
Qu'est-ce que la décote et comment l'éviter à 62 ans ?
La décote est une réduction permanente de 1,25 % par trimestre manquant, jusqu'à 20 trimestres maximum (soit 25 % au maximum). Elle s'applique si vous partez sans avoir la durée requise et avant 67 ans. Pour l'éviter : attendre d'avoir tous vos trimestres, ou différer jusqu'à 67 ans où le taux plein est automatique.
Comment faire une demande de retraite à 62 ans ?
Déposez votre dossier en ligne sur info-retraite.fr ou auprès de votre caisse principale (CNAV, MSA, SSI) au moins 6 mois avant votre date de départ. Munissez-vous de votre relevé de carrière, de vos bulletins de salaire anciens, et de justificatifs médicaux si vous partez pour inaptitude ou handicap.
Le Compte Professionnel de Prévention permet-il de partir à 62 ans ?
Oui, à condition d'avoir accumulé 80 points C2P (10 points = 1 trimestre d'avancement, limite de 8 trimestres soit 2 ans). Si votre âge légal est 64 ans et que vous avez 80 points C2P plus les trimestres requis, vous pouvez partir à 62 ans.